Fabrique-moi un tambour, que je te joue du violon!

Fabrique-moi-un-violon

« Dans le cadre du projet « Culture-Enseignement », initié par Monsieur Ingberg, Secrétaire général du Ministère de la Communauté française de Belgique, avec la collaboration active de la Maison de la Culture de Quaregnon et de monsieur Domenico Curcio, animateur culturel, musicien-compositeur et infographiste, les élèves des classes de forme 2 et de forme 3 de l’enseignement secondaire spécialisé de Quaregnon ont présenté avec leurs professeurs madame Lux et monsieur Bouchez, des créations sonores un peu bizarres. Le vernissage se passait à la galerie Koma, au pied du beffroi de Mons, le vendredi 02 juin 2006, devant un parterre impressionnant de personnalités.

Fabrique-moi un tambour que je te joue du violon

Telle était la dénomination d’une exposition déjantée dans tous les sens du terme. Des instruments les plus bizarres s’y cotoyaient, fabriqués avec du matériel de récupération qui avait perdu toutes notions de son usage premier. Voyons plutôt.
De grands tonneaux en carton étirés sur leur hauteur servaient de caisses de résonance à des câbles de vélo plus ou moins tendus.
Du fil tendu entre deux bois joliment installés faisait office de harpe.

Des bâtons de pluie de différentes tailles donnaient des sons variés et inattendus selon leur composition de graines ou de riz ou de… mystère!
Des arbres à sons emplissaient les coins avec soit leur bruit de coquillages, coquilles de moules et d’huitres richement décorées, soit coquilles d’escargots, galets, petit matériel en verre ou noix.
Les roues à plumes et à grelots ne reverraient pas de sitôt leur vélo.
Le caoutchouc d’une chambre à air faisait d’un pushing ball un instrument inattendu.
Un vieux tourne-disque jouait au manège pour violoncelles en papier. Surmonté d’une lampe de chevet, il rythmait inlassablement le temps qui passe avec sa tige métallique et ses suspensions à boulons.
Il pouvait bien entendu fonctionner en 33 tours ou en 45 tours selon l’amateur.

Tambours de machines à laver et tiges métalliques faisaient frissonner sous des effets de craies crissant sur le tableau. De nombreuses tiges à maracasses attendaient d’être secouées et tournées dans tous les sens. Des futs à circuits découpés dans les couvercles permettaient d’exercer sa psychomotricité en se défoulant sur des rythmes endiablés.

Des batteries de pots répercutaient leur sonorité dans tout le bâtiment.
Dans un même temps des œuvres étaient exposées aux murs : violoncelles devenus corps de femmes, collages de papiers inspirés de Man Ray, artiste photographe précurseur de la photo solarisée, le premier à avoir utilisé la photo de façon détournée. Cubisme de papiers déchirés et collés à la façon de Picasso, rivalisait avec les découpages inspirés de Hockney. Des calligrammes classiques étaient détournés sur le thème de la musique. Un des objectifs visait «de la trace à l’écriture». Des textes du plus sérieux au plus comiques complétaient l’ensemble. Un succès fou.

Durant toute l’exposition, les instruments de musique connurent un succès fou, bien mérité, faut-il le souligner ? Chacun réagissait à sa façon mais, comme ce fut le cas pour les élèves, toujours sur les 3 mêmes temps :

  • découverte et recherche anarchique
  • trouvaille personnelle
  • tentative d’harmonisation.

Les instruments pourtant nombreux étaient utilisés sans interruption. Des enfants mais aussi des adultes s’amusaient à la découverte de nouvelles sonorités. Chacun se défoulait sans scrupules, le matériel, conçu pour être manipulé, malmené, bousculé étant d’une solidité à toute épreuve.

Bien tard dans la soirée, des personnes attendaient encore leur tour pour s’exprimer musicalement. Bercé dans un joyeux brouhaha où la musique fusait à la façon d’un feu d’artifice, personne ne semblait se décider à quitter la galerie.Il reste à souligner les activités des élèves du secteur hôtellerie-alimentation qui avaient préparé de délicieux zakouskis. Dans leurs plus beaux atours, ils ont servi leurs hôtes jusque bien tard dans la soirée en gardant de larges sourires. Merci à eux pour ce service impeccable.

Ingrédients de réussite

L’action de monsieur Curcio est à souligner pour son haut professionnalisme. Il en reste cependant très modeste.
De décembre à juin, il est venu tous les 15 jours à raison d’une demi-journée, collaborer avec l’équipe éducative et travailler avec les jeunes.
L’objectif était de créer le panel le plus large possible d’instruments à cordes et à percussions.
Comme il se plait à le souligner, monsieur Curcio affirme que les instruments insolites donnent une ambiance au-delà des notes. «Ils sont créateurs d’atmosphère d’ambiance», ajoute-t-il. «Les faits l’ont clairement prouvé.»

Lorsque tous les instruments ont été prêts, construits et décorés, les élèves sont parvenus à une harmonisation suffisante pour créer un CD.
Félicitations aux élèves, à leurs professeurs et à monsieur Curcio, homme orchestre et merci pour cette agréable soirée vraiment originale. »

Thérèse SIMON
chargée de mission

Avec l’aimable collaboration de
Madame l’inspectrice Vanham
E.E.S.P.S.C.F. Quaregnon
Rue du Plat Rié, 345
7350 QUAREGNON

Article provenant du serveur pédagogique de l’Enseignement organisé par la Communauté Française : http://www.restode.cfwb.be/pgres/copil/novobs/novobs57/artistique.htm